La légalisation de l'euthanasie pourrait entraîner la fin d'un système social fondé sur la solidarité

Antoine de Lagarde | 31 mars 2025

ENTRETIEN - Pour le coauteur du rapport «Les non-dits économiques et sociaux du débat sur la fin de vie» (Fondapol), Yves-Marie Doublet, la dégradation de nos finances publiques et de notre système de santé risque de favoriser le recours à l’euthanasie en lieu et place des soins.

Yves-Marie Doublet est docteur en droit, ancien chargé d’enseignement à l’espace éthique de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris et coauteur du rapport « Les non-dits économiques et sociaux du débat sur la fin de vie » (Fondapol).

LE FIGARO. – Le projet de loi sur la fin de vie ne prend pas en considération les conséquences économiques et sociales de l’euthanasie, qui sont pour vous des « non-dits » du débat. Permettent-ils d’envisager la question de la « mort accompagnée » à nouveaux frais ?

YVES-MARIE DOUBLET. – Le recours à l’euthanasie et au suicide assisté est avant tout, nous dit-on, la revendication d’un droit d’autodétermination individuelle jusqu’à la mort. Mais dans les pays ayant légalisé la mort provoquée, les personnes qui y ont recours sont de plus en plus motivées par des facteurs économiques et sociaux. Ces pays montrent que les partisans de l’adoption de la loi et les personnes ayant recours à ce que la loi permet sont animés par des motivations qui tendent à différer. Alors que les premiers arguent de la liberté pour l’individu de choisir sa mort, les recours à la mort provoquée émanent en nombre croissant de personnes pour qui la vie est insupportable, et qui n’ont d’autre issue que d’y mettre fin – ce qui est tout le contraire d’une liberté.

Retrouvez l’entretien sur le figaro.fr

Commentaires (0)
Commenter

Aucun commentaire.